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Ultimax 100 : entre deux eaux

En France, on peut aisément établir une distinction entre mitrailleuse et fusil-mitrailleur : la première est nécessairement mise en œuvre depuis un affût, le second peut être épaulé pour le tir. En revanche, il est plus délicat d’établir une distinction entre un fusil-mitrailleur qui serait dit “léger” et un qui serait considéré comme “normal”, voire “lourd”. Faisons-nous référence ici au poids, au calibre ou à l’usage de ce matériel ? Si ces trois paramètres sont souvent corrélés, le résultat obtenu est parfois bien différent d’une arme à l’autre.

Un petit peu d’histoire…

On ne trouve que peu d’informations sur la genèse de ce projet, qui aurait débuté en 1978. Ce manque d’information provient sans doute du fait que Singapour est bien loin et intéresse fort peu de personnes… à tort ! Leur démarche en armement est fortement intéressante et leur production plus que correcte au regard des standards internationaux. Nous avons étudié à ce jour trois de leurs armes : SAR-80 (dont l’article est disponible ici), l’Ultimax 100 et le SR-88a, dont l’article est à venir. Leurs productions ne sont pas seulement orientées vers leur marché interne, mais également vers l’export. On doit d’ailleurs à cette vocation la présence de ces armes dans le conflit en ex-Yougoslavie, ce qui nous autorise à ce jour leurs études. Cette vocation dicte également la nécessité de produire des armes économiques et sans doute plus “éphémères” que certaines productions européennes.

Une fois de plus, la société Charted Industries of Singapour (C.I.S., aujourd’hui S.T.K.) a fait appel à un concepteur étranger expérimenté. On retrouve ainsi aux manettes L. James Sullivan, ayant jadis travaillé chez Armalite, notamment sur le célèbre AR-15. Sa mission : réaliser une arme finalement sans réel équivalent sur les marchés : une arme entre fusil d’assaut et fusil-mitrailleur. Pour trouver des similitudes conceptuelles avec des armes ayant existé sur le marché, il faut remonter au Stoner 63A dans sa version « Automatic Rifle » ou même…au CSRG-15 Chauchat ! Mais nous parlons bien ici uniquement de similitude conceptuelle : ni le Stoner 63A ni le Chauchat ne présentent des caractéristiques transposables avec l’Ultimax. Au moment de sa sortie, l’Utlimax-100 est un produit sans équivalant sur le marché…et c’est encore – à notre connaissance – le cas au moment où nous écrivons ces lignes. Si certaines armes ont été étudiées – voire même prototypées (on pense ici au Surefire RGX, étudié par le même J. Sullivan) – aucune n’a été mise sur le marché.

Compte tenu du curriculum vitae de Jim Sullivan, il n’est pas surprenant de retrouver des similitudes avec l’arme de la marque californienne : le dessin de la tête de culasse est extrêmement proche (le dessin du verrou et les ensembles extracteur et éjecteur sont identiques), et le chargeur en est un dérivé qui ne varie que par l’accrochage (nous reviendrons sur ce point). Ces choix ne sont pas surprenants ni incohérents vis-à-vis de la démarche du fabricant. En effet, on retrouve le même type de tête de culasse (avec certaines pièces interchangeables) et les mêmes chargeurs sur les autres armes de la marque. Une cohérence de la gamme en sorte.

L’arme ainsi conçue tire à culasse ouverte, fonctionne par emprunt de gaz à piston non attelé et impulsion courte avec verrouillage rotatif à 7 tenons en tête, est alimenté par chargeurs et dispose (hors variante Mk-2) d’un changement de canon rapide. Pour les détails sur ces différentes dispositions, nous invitons le lecteur à consulter les chapitres 5 et 6 du « Petit Guide de l’Armement » disponible sur ce même site. Notre exemplaire de l’arme ne possède qu’un mode de mise à feu : automatique. C’est le cas de la majorité des variantes de l’Ultimax-100, même si on peut mentionner ici que la Mk-5, proposée mais non retenue par les Marines américains, propose également un mode semi-automatique.

La mise en œuvre de l’arme est pour le moins « classique ». On retrouve un levier d’armement sur le côté gauche. Celui-ci est indépendant de l’ensemble mobile et ne bouge par conséquent pas lors du tir. Il possède un crochet de rétention qui l’immobilise lors du tir (Photo 05). Le bouton de déverrouillage du chargeur est positionné sur le côté droit de l’arme à la façon d’un AR-15. L’arme est dotée d’une sûreté située au niveau du pouce du côté gauche de l’arme. La fenêtre d’éjection peut être obturée par un volet à ouverture automatique en polymère (Photo 06). Le tout est complété par un bipied amovible, une poignée avant et par une crosse…amovible et non pliante (Photo 07) ! Le pontet peut être abaissé afin de permettre la mise en oeuvre l’arme avec des gants d’hiver (Photo 08).

Dans le prolongement de la poignée avant on trouve un ersatz de détente qui constitue la commande de déverrouillage du canon (Photo 09).  On peut équiper l’arme de deux longueurs de canon, 508 et 330 mm, qui existent dans les deux pas de rayure 1:305mm (1:12″) et 1:178 mm (1:7″) respectivement optimisés pour les munitions M-193 et SS-109 (Photo 10 et 11). Ces canons portent l’emprunt de gaz, le piston et un régulateur (Photo 12). Ce dernier comporte 3 positions permettant de varier la quantité de gaz prélevée en fonction des munitions et des conditions d’emploi. Cette régulation est réalisée par variation du diamètre d’admission des gaz sur une buse rotative (Photo 13). Ils sont également dotés d’une poignée de transport à deux positions : sur le côté pour le tir et sur le dessus pour le mouvement (Photo 14). Cette poignée peut également être employée pour retirer un canon chaud lors du remplacement de canon. L’arme a été proposée avec le tenon de baïonnette qui autorise les montages des baïonnettes compatibles avec les M16.

Les organes de visée sont constitués d’un œilleton et d’un guidon (Photo 15). Le guidon est solidaire du canon. Il est réglable en élévation et en direction, ce qui permet de garder un réglage propre pour chaque canon. La hausse est réglable par bond de 100 m de 100 à 600 m pour les versions prévues pour la M-193 et de 0 à 1000 m pour celle en SS-109. Elle peut être également réglée en direction sans outil, sans doute pour intégrer des paramètres de tir comme le vent ou la prise en compte d’une cible mobile. On trouve un rail propriétaire pour optique sur le boîtier : le même que sur les autres armes de la marque de l’époque (Photo 16).

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    Arnaud Lamothe

    Expert près la Cour d'Appel de Limoges, ancien contrôleur des services techniques du ministère de l'Intérieur, cofondateur du site LAI Publication, Arnaud est un spécialiste des armes de guerre de petit calibre. Auteur d'articles, il désire au travers de ce site partager sa passion et ses connaissances pour ces sujets.

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