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Le révolver Cordero

Construite à flanc de colline, la petite ville d’Eibar (en Espagne) abrite depuis des temps anciens une industrie locale, tournée vers la fabrication des armes portatives. Au milieu du XIXe siècle, la loi O’Donnell facilite la vente libre des armes dans la péninsule Ibérique et l’ouverture de marchés à l’étranger. La production se diversifie, mais le tissu industriel reste figé, constitué de petits ateliers répartis dans une zone géographique réduite. Les ateliers, qui ne comptent souvent que trois ou quatre ouvriers, sous-traitent pour des entreprises plus importantes qui assurent le montage et la commercialisation des armes.

À cette époque, les armuriers espagnols bénéficient d’une législation très avantageuse dans le domaine de la propriété industrielle. Elle leur permet de copier, sans trop de risques, ce qui se fait de mieux à l’étranger. Lorsque débutent les guerres balkaniques entre 1912 et 1913, les industriels espagnols de l’armement viennent jouer les trouble-fêtes sur un marché tenu jusque-là par leurs concurrents liégeois. Le marché est prometteur et les fabricants d’Eibar font tout le nécessaire pour satisfaire leurs nouveaux clients.

Les sociétés espagnoles Gárate, Anitua y Cia. et Orbea Hermanos sont particulièrement bien implantées dans la région où elles commercialisent depuis quelques années des revolvers « Monténégrins »  (dérivés du révolver austro-hongrois Gasser 1870) produits à Eibar. Des armes lourdes, encombrantes, chambrées en 11,3x36mm R, d’une capacité de cinq ou six coups et munies de canons de longueur variable.

Mais en 1912-13, les demandes changent et les fabricants doivent s’adapter. Les gros revolvers Gasser sont passés de mode et l’adoption de modèles plus récents, en calibres 7,62 millimètres pour la Russie et 8 millimètres pour la France, influence le marché. C’est le début d’une transformation radicale de la production des armes à Eibar où l’on voit apparaître de plus en plus de copies modernes de revolvers Colt et Smith & Wesson.

Parmi les acteurs les mieux implantés sur ces nouveaux marchés, une entreprise tire particulièrement bien son épingle du jeu : la société Gárate, Anitua y Cia.

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    *Nous aussi nous détestons les spams

    Jean-Pierre Bastié

    Né en 1957, Jean-Pierre Bastié a eu sa première arme à l’âge de 12 ans, une carabine Diana à air comprimé avec laquelle il a tiré ses premiers cartons. Depuis son intérêt pour les armes n’a pas cessé. Il a été successivement chasseur, tireur, compétiteur aux armes anciennes puis collectionneur avant de fonder l’Académie des Armes Anciennes en 1987.
    Il collabore depuis plus de trente ans avec les rédactions de diverses revues françaises et étrangères spécialisées dans le domaine des armes. Chercheur infatigable il écume les archives (comme celles de Châtellerault, visible sur sa photo de présentation) depuis des lustres à la recherche de sources inédites.


    http://www.academie-des-armes-anciennes.com/

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