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FAMAS, présentation du Bullpup français

En complément de l’article de Pierre Breuvart sur le FAMAS, qui revient sur plus de 40 ans de service du fusil d’assaut réglementaire français, nous allons réaliser ici la présentation technique et organisationnelle de l’arme. Nous nous intéresserons ici aux deux variantes les plus communément rencontrées : le F1 en service dans les armées de Terre, de l’Air et la Gendarmerie et le G2, plus particulièrement destiné à l’export et employé par la Marine Nationale (Photos 1 à 5). Notre exemplaire d’étude du G2, destiné à l’export, est cependant différent du modèle en service dans la Marine par plusieurs aspects sur lesquels nous reviendrons au cours de cette étude. Nous utiliserons dans cet exercice l’acronyme « FAMAS » pour « Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne », car c’est l’acronyme employé dans les TTA-150, c’est-à-dire la série de manuels réglementaires Français. On rencontre cependant, dans d’autres documents de source officielle, l’utilisation du sigle FA-MAS.

Une construction originale pour une arme de 1979

L’arme est construite autour d’un boîtier de culasse en aluminium, qui est prolongé par un « tube-enveloppe » en acier (Photos 6 et 7). Ce tube-enveloppe fait bien partie de la carcasse de l’arme. Ce dernier enveloppe bien évidemment le canon sur sa portion arrière, sans le toucher, et permet ainsi l’installation de différents dispositifs de l’arme sans interagir avec ce dernier (Photo 8). Il accueille ainsi :

  • Le levier d’armement et le ressort récupérateur de l’ensemble mobile (ce dernier captif dans un tube dûment graissé !)
  • Le point d’ancrage avant de la « Poignée Garde-Main » (« PGM » pour les intimes, ce qui n’a  rien à voir avec une marque de fusil de précision…)
  • Le point d’ancrage avant du fût (le point d’ancrage arrière étant réalisé dans la carcasse en aluminium).
  • La tourelle de l’œilleton , qui sert aussi de point d’ancrage arrière de la PGM.

Cette spécificité du tube-enveloppe est à notre connaissance « unique » sur une arme d’assaut. Il pourrait faire penser à un manchon de protection de canon (souvent perforé) que l’on peut rencontrer sur de nombreux PM (du MP-18/I au Sterling !) ou même fusils (du Gewehr 1888 au Stg-57…) mais n’a clairement pas ici le même rôle. Le tube-enveloppe du FAMAS comporte un vrai rôle structurel alors qu’un manchon de protection du canon, se limite bien souvent à éviter l’interaction du canon avec son environnement (tireur compris !). On peut le rapprocher dans l’esprit du tube de levier d’armement du G3 et de sa descendance (HK-33, MP-5…), qui permet, lui aussi, l’installation du garde-main sans interférence avec le canon. Ce qui fait que les deux armes, font parties des rares armes d’assaut dont le canon est réellement « flottant ». Toutefois il est nécessaire de préciser ici que toutes les productions de G3 ne reproduisent pas cette spécificité : vraisemblablement les productions HK précoce et dans tous les cas, certaines productions militaires pakistanaises « POF » que nous avons eu l’opportunité d’examiner.

Le canon du FAMAS, martelé à froid, est vissé dans la carcasse en aluminium. Une rondelle, d’épaisseur variable, permet à l’aide d’un écrou vissé à l’intérieur du tube-enveloppe le réglage de la feuillure, appelée « côte d’en-culassage » dans le jargon militaire, car concernant une arme à culasse non calé. Le canon du FAMAS F1 est originellement destiné à tirer la munition F1, qui est de type M193 (3,5 g). Il a donc un pas de rayure de 1 :305mm (1 :12 pouces). Les premières productions de canon sont originellement dotées de six rayures et les versions plus tardives n’en compteront que trois. Le canon du G2 permet le tir de la munition SS-109 (4 g), avec pas de rayure de 1 :229 mm (1 :9 pouces). Comme les versions tardives du F1, le canon de notre G2 d’étude compte trois rayures. Le canon qui accueille la tourelle porte-guidon se termine par un cache-flamme. Les versions en dotation dans l’Armée Française se voient dotées d’une bague de réglage de la valeur d’enfoncement des grenades à fusil…mais nous reviendrons sur cette dernière disposition ultérieurement. Sa chambre est cannelée pour éviter, par adduction du carbone sur la jupe, les collages d’étuis (Photo 9). Contrairement à beaucoup d’autres productions militaires, son canon n’est pas chromé. Une fois encore, le martelage à froid et l’absence de chromage sont des aspects techniques partagés avec la famille G3…

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    *Nous aussi nous détestons les spams

    Arnaud Lamothe

    Expert près la Cour d'Appel de Limoges, ancien contrôleur des services techniques du ministère de l'Intérieur, cofondateur du site LAI Publication, Arnaud est un spécialiste des armes de guerre de petit calibre. Auteur d'articles, il désire au travers de ce site partager sa passion et ses connaissances pour ces sujets.

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