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Le pistolet soviétique Tula-Korovin de calibre 6,35 Browning

L’armée et les forces de sécurité soviétiques restèrent longtemps fidèles au revolver Nagant modèle 1895, hérité de l’armée du Tsar , qui fut remis en fabrication dès les années vingt par le pouvoir communiste. L’adoption du pistolet semi-automatique TT 30, puis TT 33 n’élimina pas totalement l’emploi du Nagant. Les autres pistolets semi-automatiques utilisés en Union Soviétique étaient des armes d’importation quelques Colts 1911 achetés pendant la Première Guerre mondiale et un grand nombre de Mauser C96 allemands. La plupart des pistolets de poche que l’on trouvait dans le pays étaient des Browning 1900 et des pistolets allemands de calibre 6,35 et 7,65mm. Les pistolets de poche restaient toutefois assez rares dans l’URSS d’après la Révolution. Si le système en place admettait que les membres de l’armée, de la police et du NKVD portent une arme de poing pour l’exécution de leurs missions, la notion d’arme de défense personnelle entrait en contradiction avec la doctrine communiste qui prônait que l’avènement du socialisme s’accompagnerait de la disparition de la criminalité.

À la fin des années vingt, les autorités soviétiques finirent toutefois par admettre que la mise en fabrication d’un pistolet de poche était justifiée pour armer les policiers et les tchékistes en civil (surnom donné aux agents de la police politique depuis 1917 et qui prit une connotation péjorative plus tard en URSS), ainsi que les officiers de haut rang.

L’arme fut développée à l’arsenal de Tula sous la direction de Sergey A. Krovin. Dès 1923, Krovin avait conçu un pistolet automatique de calibre 7,65mm Browning, fonctionnant par court recul du canon. Cette arme avait été évaluée par le comité d’artillerie de l’Armée Rouge, en vue d’une adoption éventuelle pour l’armement des officiers supérieurs. Malgré sa sécurité de fonctionnement, le projet avait finalement été abandonné, car le pistolet Korovin avait été jugé trop lourd, trop complexe et trop coûteux à fabriquer.

 À la demande de la société sportive « Dinamo », Korvin étudia ensuite un pistolet de poche de calibre 6,35 mm, fonctionnant à culasse non calée. Ce pistolet fut commercialisé en 1926 sous le nom de pistolet Tula-Korovin (Тульский Коровин soit « Tulski Korovin ») modèle 1926 ou simplement « TK ». D’une longueur totale de 12,7cm, il ne pèse que 425g à vide. Bien qu’il ait été réalisé à la demande d’une société sportive, le pistolet TK n’avait aucune des caractéristiques d’une arme de tir sportif, aussi fut-il surtout utilisé par les agents en civil du NKVD, de la Milice ainsi que par quelques officiers supérieurs et quelques dirigeants politiques ayant le privilège de pouvoir détenir une arme personnelle. Compte tenu de son statut d’arme civile, ce pistolet servit aussi souvent de cadeau officiel.

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    Luc Guillou

    Luc Guillou, 67 ans, a servi jusqu’en 2011 comme médecin dans la marine nationale française où il était spécialisé dans la médecine de la plongée. Aujourd’hui en retraite, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles principalement consacrés aux armes des deux guerres mondiales. Il pratique régulièrement le  tir sportif aux armes anciennes et a été le vice-président de l’union française des amateurs d’armes (UFA) jusqu’en 2020.

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